Sacrifice, Représentation et Eucharistie (2ème Partie)

Fille de St François de Sales, Sainte Marguerite Marie Alacoque a exprimé de manière particulière l’unité du mystère de l’Incarnation et du mystère de la  Rédemption : « (Ce divin Cœur) était environné d’un couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une Croix au-dessus qui signifiait que, dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur fut formé, la Croix y fut plantée. » lettre n°133 au père Croiset.

 

La Croix du Christ est inséparablement un sacrifice et un acte intérieur d’amour

Il y a une relation très profonde, établie par le Christ lui-même lors de la Cène, entre l’Eucharistie et le sacrifice de la Croix. Nous ne pouvons pas comprendre l’eucharistie dans sa dimension sacrificielle en dehors de la compréhension de ce qu’elle représente (1). Il nous faut donc essayer de mettre en évidence l’essence même, la substance du sacrifice de la Croix. En effet, « La Messe n’est pas un autre sacrifice que celui de la Croix. Le sacrifice, ici et là, est identique substantiellement, essentiellement ; car, ici et là, le prêtre est identique, la victime est identique. Il ne diffère qu’accidentellement, modalement, à savoir quant au mode de présentation ; car, d’un côté, le Christ, présent sous ses apparences naturelles ou propres, s’offrait d’une manière sanglante, et sans utiliser aucun ministère ; et, de l’autre, le Christ, présent sous des apparences sacramentelles ou étrangères, s’offre d’une manière non sanglante, en utilisant le ministère des prêtres. » (2)

Notre étude devra donc aller assez loin dans la théologie du sacrifice de la Croix.

C’est d’abord en réfléchissant sur le contenu de la Cène que nous pouvons essayer de préciser l’essence du Sacrifice de la Croix. En effet, l’événement que la Cène représente n’est pas encore advenu lorsque le Christ la célèbre ; il faut donc que le don du Christ, l’acte formel qui fait de la Croix un sacrifice y soit déjà présent (3) : « suivant le récit évangélique, le Corps du Christ est déjà donné à la Cène, son sang est déjà répandu, ce qui veut dire que l’acte par lequel il les offre est déjà posé. (…) Ainsi, selon l’Ecriture, l’unique sacrifice rédempteur est en acte de se dérouler quand Jésus institue la Cène. »
Mais quel est cet acte, quel est sa nature exacte ? Est-ce l’acte d’immolation sanglante dont les bourreaux sont les principaux agents ou bien est-ce l’acte d’oblation plein d’amour du Christ, le don sans réserve qu’il fait de sa vie par amour du Père et pour le salut des hommes ?
Il nous faut donc essayer de distinguer ces deux composantes essentielles du sacrifice du Christ en s’interrogeant sur le rapport existant dans tous sacrifices religieux entre l’acte intérieur de celui qui offre, c’est-à-dire son intention profonde, et l’acte extérieur visible qui exprime cette motivation.
1/ Les rapports entre acte intérieur et acte extérieur dans le sacrifice religieux

Sans vouloir développer des considérations d’anthropologie religieuse ou d’histoire comparée des religions, c’est un fait que l’homme a toujours cherché à entrer en communion avec les forces cosmiques et divines par l’offrande de sacrifices. C’est-à-dire par la mise à part d’un élément matériel, précieux ou non, qui sera détruit totalement (holocauste) et/ou consommé en partie par ceux qui y prennent part (sacrifice de communion). Cette destruction a pour but de faire passer cette offrande du monde profane au monde divin, assurant ainsi une communication entre les deux. Il y a là une donnée essentielle de l’âme humaine dont la signification doit être reconnue au-delà des dérives perverses qui ont entouré tous les cultes païens allant de la prostitution sacrée aux sacrifices d’enfants. Il est vrai que cette pratique sacrificielle généralisée, et même institutionnalisée dans la cité antique , semble avoir complètement disparu de nos sociétés développées et sécularisées. Ce qui explique les difficultés d’ordre intellectuel et psychologique de nos contemporains lorsqu’on aborde cette réalité. Cependant, le sacrifice n’est-il pas remplacé, la nature ayant horreur du vide, par une idolâtrie subtile et diffuse. Notons par exemple le culte du sport qui se développe dans de fantastiques para-liturgies. Nos sociétés occidentales sont tellement en manque d’actes sacrificiels qu’on constate malheureusement, mais tout à fait logiquement, le développement de comportements aberrants dans des sectes qui vont jusqu’au sacrifice humain ou au suicide collectif…

Ainsi, on peut vraiment affirmer avec St Thomas d’Aquin que « à toute époque et dans toutes les nations, il y a toujours eu offrande de sacrifices. Ce que l’on rencontre aussi universellement paraît être le fait de la nature. L’offrande des sacrifices est donc de droit naturel. » (4)

Cet acte religieux essentiel permet à l’homme d’attirer la bienveillance des dieux ou d’apaiser leur courroux. Le sentiment qui domine dans ce type d’action sacrificielle est une sorte de peur religieuse face aux forces qui le dépassent ou d’angoisse liée à un sentiment de culpabilité face à la divinité. On peut développer tant que l’on voudra des analyses psychologiques, psychanalytiques, sociologiques ou anthropologiques du sacrifice, toutes tentatives intéressantes et souvent éclairantes, mais on ne pourra pas réduire l’attitude religieuse profonde de l’homme à une aberration. La manière dont l’homme offre des sacrifices peut être perverse et aberrante mais le mouvement profond qui le pousse à offrir des sacrifices appartient à sa nature.
Dans le cas des sacrifices humains, l’aberration, quelle que soit sa cause, réside dans l’attention indue qu’on porte à la valeur de l’offrande. En effet, que peut-on offrir de plus précieux qu’une vie humaine ? Celui ou ceux qui offrent le sacrifice se déchargent donc complètement de leur responsabilité religieuse sur la victime. L’acte extérieur assume la totalité de la signification du sacrifice. Acte foncièrement aberrant, il est aussi vidé de toute signification proprement religieuse. Dans ce cas limite, nous voyons a contrario que le sacrifice, acte de la vertu de religion, tire sa valeur de l’intention intérieure de celui qui le pose.

Au-delà des peurs et des angoisses qui peuvent s’exprimer dans le sacrifice jusqu’à le pervertir complètement, une autre attitude y est toujours plus ou moins mêlée : le sentiment d’être dépendant dans son être même de la divinité. Ainsi, tout sacrifice exprime une attitude intérieure d’hommage et de révérence due à Dieu seul, un acte d’adoration. La tentation ici serait de vouloir aller vers un culte purement spirituel, c’est-à-dire dans laquelle les réalités sensibles sont considérées comme incapables de représenter l’acte intérieur d’adoration.

Or, « pour rejoindre Dieu, l’esprit humain a besoin d’être guidé par le sensible : car, écrit l’Apôtre (Rm1,20) : ‘’C’est par le moyen des choses créées qu’apparaît au regard de l’intelligence l’invisible mystère de Dieu.’’ C’est pourquoi le culte divin requiert nécessairement l’usage de réalités corporelles, comme de signes capables d’éveiller en l’âme humaine les actes spirituels par lesquels on s’unit à Dieu. Ainsi la religion a des actes intérieurs qui sont principaux et qui d’eux-mêmes lui appartiennent. Mais elle y ajoute, à titre secondaire, des actes extérieurs ordonnés aux actes intérieurs. »(5) Saint Thomas fait appel ici à un principe anthropologique qui parcourt toute la Somme Théologique : l’homme, constitué d’un corps et d’une âme rationnelle, connaît par mode d’abstraction à partir du sensible. Il n’est pas pur esprit ; même dans ses relations avec Dieu, il doit accepter humblement la médiation des réalités sensibles.
Le signe sensible sert ici à provoquer dans l’âme un acte spirituel d’adoration. Inversement, l’acte spirituel doit s’exprimer dans un signe sensible car « la manière de l’homme, c’est d’avoir recours pour s’exprimer aux signes sensibles, parce qu’il tire sa connaissance du sensible . C’est pour cela que la raison la porte naturellement à employer certaines choses sensibles, qu’il offre à Dieu en signe de sujétion et de l’honneur qu’il lui doit (…). C’est à cela que se rapporte la raison de sacrifice. » (6)
Ainsi, le rapport entre acte extérieur et acte intérieur dans le sacrifice est une relation de signification. Il est intéressant de remarquer que le sacrifice se situe à la frontière de l’ordre pratique et de l’ordre spéculatif. En effet, comme acte de la vertu de religion, c’est un acte moral. Et en tant qu’il fait apparaître une relation de signification, celle-ci peut être pensée comme l’analogué de la relation entre la représentation mentale et la réalité connue par l’intelligence.
La structure interne de tout sacrifice engendre donc une tension entre l’acte extérieur (le sacrifice ‘’matériel’’) et l’acte intérieur de celui qui offre le sacrifice (son intention profonde et ses dispositions à l’égard de Dieu, le sacrifice formel). Deux écueils menacent tout acte sacrificiel :
– soit le sacrifice s’identifie avec l’acte extérieur comme dans tous les sacrifices aberrants et les sacrifices légaux dont la seule fin est d’obéir à des préceptes afin de maintenir un ordre social (par ex. les sacrifices archaïques ou les sacrifices de la Loi, pensons aussi au rubricisme qui n’a pas épargné l’eucharistie elle-même).
– soit le sacrifice se perd dans les brumes d’un acte intérieur d’offrande qui ne veut pas s’exprimer à l’aide de signes extérieurs sensibles jugés incapables de dire la transcendance de Dieu et la pureté du mouvement spirituel de l’âme vers lui (par ex. le protestantisme libéral)

L’âme religieuse de l’homme est donc en attente du sacrifice parfait qui pourra signifier exactement dans un acte concret l’acte intérieur de parfaite adoration.

2/ tension entre culte spirituel et culte extérieur en Israël

Cette tension et cette attente se révèlent particulièrement dans la manière, parfois violente, avec laquelle les prophètes de l’Ancien Testament dénoncent le culte sacrificiel d’Israël détourné de sa finalité propre. En étudiant les principaux textes où s’exprime le dénonciation d’un culte qui n’est pas commandé par une attitude vraie et pleine d’amour envers Dieu, nous pourrons dégager les dispositions de cœur nécessaires pour offrir un sacrifice agréable à Dieu.

A/C’est le prophète Samuel qui initie cette tradition prophétique en mettant en évidence le fondement primordial de l’obéissance dans tout culte rendu à Dieu :
« Samuel dit : Yahvé prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices comme dans l’obéissance à la voix de Yahvé ? Oui, obéissance vaut mieux que sacrifice, docilité vaut mieux que graisse de béliers » (1Sm 15,22)
Le mot ‘’obéissance’’ est en fait la traduction du verbe ‘’écouter’’. C’est l’écoute fidèle et docile de la Loi de Yahvé qui est le vrai sacrifice. Le prophète Jérémie développe explicitement ce thème de l’écoute :
« je n’ai rien dit à vos pères et ne leur ai rien commandé, le jour où je les ai faits sortir du pays d’Egypte, au sujet de l’holocauste et du sacrifice. Mais voici la chose que je leur ai commandée ; je leur ai dit : Ecoutez ma voix, alors je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple » (Jr 7, 22-23)
Le Ps. 40 (39) exprime cette même idée d’écoute et d’intériorisation amoureuse de la Loi de Yahvé en vue d’accomplir sa volonté :
« Sacrifice, oblation, tu n’en veux pas, holocauste, expiation, tu n’en demandes pas ; tu m’as creusé (ouvert) les oreilles alors j’ai dit : Voici, je viens, dans le rouleau du livre il est écrit de moi : ‘’A faire ta volonté, mon Dieu, je prends plaisir et ta Loi est au fond de mes entrailles.’’ » (VV7-9)

B/ Le prophète Amos va insister sur la justice qui doit régner en Israël :
« Je hais, je dédaigne vos fêtes, et je ne puis sentir vos réunions solennelles. Quand vous m’offrez des holocaustes, vos oblations, je ne les agrée pas, le sacrifice de vos bêtes grasses je ne les regarde pas. (…) Mais que le droit coule comme l’eau, et la justice comme un torrent qui ne tarit pas. Sacrifices et oblations, m’en avez-vous présentés au désert, pendant quarante ans, Maison d’Israël ? » (Am 5, 21-25)
C/ C’est Osée qui achèvera la Révélation en dégageant la nécessité de la ‘’fidélité-miséricorde’’ (en hébreux ‘’héséd’’ (7)) :
« c’est la fidélité (miséricorde) que je veux, et non le sacrifice, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes. »

On remarque donc que le refus du culte sacrificiel chez les prophètes articule profondément deux vertus qui semblent s’opposer dans tout cœur humain : la rigueur de la justice et la douceur de la miséricorde. Les prophètes de l’Ancien Testament ajoutent une tension supplémentaire à celle existant déjà dans tout sacrifice entre l’acte extérieur et l’acte intérieur. Ainsi, l’acte intérieur est appelé à unifier ces deux attitudes de justice et de miséricorde dans un acte d’obéissance parfaitement libre qui trouvera son achèvement dans un acte extérieur le signifiant adéquatement.
Or, si « la miséricorde se situe, en un certain sens, à l’opposé de la justice divine, elle se révèle en bien des cas non seulement plus puissante, mais encore plus fondamentale qu’elle. (…) L’amour, pour ainsi dire, est la condition de la justice et, en définitive la justice est au service de la charité. Le primat et la supériorité de la charité sur la justice (qui est une caractéristique de toute la Révélation) se manifestent précisément dans la miséricorde. Cela parut tellement clair aux psalmistes et aux prophètes que le terme de justice en vint à signifier le salut réalisé par le Seigneur et sa miséricorde. » (8)
Dans le cœur de Dieu, justice et miséricorde ne s’opposent pas. Le mot hébreux ‘’hésèd’’ traduit par miséricorde a d’abord un sens quasi-juridique d’engagement fidèle. Il peut donc aussi être traduit par fidélité. En Dieu, cet engagement devient absolu et si l’Alliance peut être rompue du côté de l’homme, du côté de Dieu, elle est éternelle. La fidélité divine devient alors miséricorde car Dieu fera tout pour rétablir l’homme dans l’Alliance rompue.
Il n’y a donc qu’en Dieu qu’on trouve les dispositions intérieures de cœur pour offrir le sacrifice que lui-même attend de l’homme. Il n’y a qu’en Dieu que la justice parfaite épouse la miséricorde.

3/ La Croix est un libre sacrifice d’amour

Constatant l’inefficacité des sacrifices de l’Ancienne Alliance , les prophètes étaient donc en attente du sacrifice parfait. Seul le Verbe en assumant une nature humaine pouvait répondre à cette attente de Dieu. Le chapitre 10 de la lettre aux hébreux nous présente l’entrée du Christ dans le monde comme une réponse à cette impuissance des sacrifices de la Loi ancienne à enlever les péchés :
He 10, 9-10 « il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. Et c’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. »

Cette volonté est un acte d’amour du Verbe qui embrasse éternellement les insondables décrets du Père par amour des hommes. Or l’amour du Christ, expression parfaite de l’amour du Père, ne peut être révélé que dans un don parfait. Et que peut-on donner de plus précieux que sa propre vie : « Nul n’a de plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (9)
Il nous faut ici essayer d’aller plus loin. Le récit du meurtre d’Abel par Caïn (10) suggère un lien de causalité entre le sacrifice du juste et sa mort. Le juste est voué à la mort parce que tout ce qui l’entoure s’oppose à lui si violemment que l’issu de ce rejet ne peut être que la mort. Le Christ, dont Abel est une figure, va unir en lui sacrifice et mort du juste : sa mort sera un sacrifice de justice. A l’appui de cette hypothèse de « l’exigence de mort » (11) que le juste porte en lui, on pourrait citer évidemment tous les textes où le Christ annonce sa mort. Plus fondamentalement il semble qu’il y ait comme une nécessité anthropologique : l’homme parfaitement juste doit aller jusqu’à supporter une accusation d’injustice et mourir pour révéler sa justice. (Cf Annexe 1, un texte de Platon)

Saint Augustin a essayé de donner une définition du sacrifice parfait : « le vrai sacrifice est donc toute œuvre qui contribue à nous unir à Dieu dans une sainte société, à savoir toute œuvre rapportée à ce bien suprême grâce auquel nous pouvons être véritablement heureux. (…) En conséquence, l’homme consacré par le nom de Dieu voué à Dieu, est un sacrifice. (…) Ainsi donc les vrais sacrifices sont les œuvres de miséricorde soit envers nous-mêmes soit envers le prochain, que nous rapportons à Dieu. » (12)
Or nous venons de voir que l’œuvre du Christ, sa passion et sa mort sur la croix, est entièrement et librement rapportée au Père par amour. De plus, ce qui est offert à Dieu, c’est une vie, la plus précieuse de toutes les vies, donnée pour que les hommes aient la vie. C’est bien là l’œuvre de miséricorde parfaite.
Donc, la mort du Christ sur la Croix est un sacrifice, le sacrifice pur et parfait. Saint Thomas d’Aquin exprime cette vérité dans une formule concise : «le Christ s’est offert lui-même pour nous dans sa passion ; et cette œuvre : supporter volontairement sa passion, fut souverainement agréable à Dieu, comme provenant de la charité. Il est donc évident que la passion du Christ fut un véritable sacrifice. » (13)

Dans ce qui extérieurement est un complot religieux qui conduit Jésus vers la mort, le Christ inscrit son acte d’offrande absolue au Père. Posant un acte d’obéissance parfait vis à vis du Père et un acte d’amour parfait vis à vis des hommes (« il m’a aimé et s’est livré pour moi » (14)), le Christ insère « son être tout entier tourné vers le Père » dans le supplice de la Croix. Il transforme ainsi sa mort « supplicielle » (15) en mort sacrificielle par la charité qui est le motif ultime de sa mort. C’est la charité du Christ qui donne à la matière « supplicielle » de la Croix, sa forme sacrificielle et ce dès le début de la passion (et sûrement dès l’Incarnation (16)). Par l’amour, Jésus informe sa mort « supplicielle » en mort sacrificielle. Ceci permet de mieux comprendre la réponse de Saint Thomas d’Aquin à ceux qui, fixant leur attention sur les bourreaux du Christ, ne voient pas que c’est le Christ qui s’offre : « la passion, considérée de la part de ceux qui ont tué le Christ fut un maléfice, un crime, mais de la part du Christ qui a souffert par charité, elle fut un sacrifice. Aussi dit-on que c’est le Christ lui-même qui l’a offert, et non pas ses meurtriers. » (17)

1 « C’est à la croix que convient directement et en propre la définition du sacrifice comme l’acte central du culte nouveau en esprit et en vérité. L’eucharistie n’est sacrifice que par référence à celui de la croix en tant qu’elle le représente, en perpétue le souvenir et en applique les effets. Il est impossible de la concevoir comme sacrifice si ce n’est par cette référence à l’oblation de la croix et l’erreur de la majeure partie de la théologie post-tridentine aura été de chercher à lui appliquer directement la notion de sacrifice, ce qui l’a fourvoyée en toutes sorte d’impasses. » Marie-Vincent Leroy, Un traité de Cajetan sur la messe, dans Ordo sapientiae et amoris, Hommage au professeur J.P. Torrell, Ed. Pinto de Oliveira, Fribourg, 1993, p.485

2 Charles JOURNET, La Messe, Présence du Sacrifice de la Croix, D.D.B.,1958, p.54

3 Le P. Leroy s’oppose à Journet en affirmant que : « Ce n’est pas la Cène qui donne à la croix d’être un sacrifice, c’est l’inverse. Le rapport entre elles n’est pas celui de parties intégrantes, c’est celui de l’Image et de la Réalité. » op. cit.

4 S.T. II II  q. 85, a1, sed contra

5 S.T. II II  q. 81, a7, rep.

6 S.T. II II  q. 85, a1, rep.

7 Pour une étude sur ce mot, voir la longue note n° 52 de l’encyclique de Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde

8 Jean-Paul II, Dives in misericordia, n°4

9 Jn 15,13

10 Gn4, 3-8

11 E. MERSCH, La Théologie du Corps Mystique, Tome 1, ch XII, 3ième Ed, p335

12 SAINT AUGUSTIN, La Cité de Dieu, livre X, ch 6 « Du vrai et parfait sacrifice »

13 Somme Théologique III Q48 a3 réponse

14 Ga 2,20

15 nous nous permettons de créer cet adjectif en parallèle avec l’adjectif sacrificiel

16 Sainte Marguerite Marie Alacoque a exprimé de manière particulière l’unité du mystère de l’Incarnation et du mystère de la  Rédemption : « (Ce divin Cœur) était environné d’un couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une Croix au-dessus qui signifiait que, dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur fut formé, la Croix y fut plantée. » lettre n°133 au père Croiset. Remarquons l’intelligence avec laquelle Ste Marguerite interprète sa vision dans un ordre de signification théologique.

17 Somme Théologique III Q48 a3 s3

 

 

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