Le Décalogue Salésien

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La traversée de Genève

C’est un évènement très célèbre de la vie de St François de Sales qui révèle sa hardiesse et son absence totale de peur.

Résidant dans le pays de Gex, qui faisait alors partie de son diocèse, il traversa la ville de Genève pour retourner à Annecy. Encore aujourd’hui, le pays de Gex (département de l’Ain) est complètement enclavé et si l’on souhaite se rendre en Haute-Savoie, le moyen le plus facile est de traverser Genève. On s’épargne ainsi un long détour d’au-moins 30 kilomètres.

Mais à l’époque de St François de Sales, Genève, c’était l’ennemi, un territoire devenu étranger et à reconquérir. Pourtant, St François y pénétra en déclarant simplement aux gardes de la ville être l’évêque de ce lieu. Les gardes médusés le laissèrent passer sans se rendre compte qu’il laissait pénétrer dans Genève celui qui se considérait encore comme en étant le maître tant spirituel que temporel.

Cette affaire arriva aux oreilles du Duc de Savoie (Charles-Emmanuel Ier) qui le reprocha à St François en pensant peut-être que celui-ci négociait en secret avec l’ennemi sans le tenir au courant. Mais St François s’était simplement épargné des kilomètres inutiles.

St François relate cet épisode à son grand ami Antoine des Hayes dans une lettre du 4 décembre 1609 :

«(Il faut que je vous dise) Monsieur, un éclaircissement d’un ombrage que quelque insolent a fait par l’interposition de sa calomnie, entre l’esprit de son Altesse et moi, comme si j’avais une certaine intelligence sur ma misérable Genève, pour y entrer et régner par un autre moyen que celui de sa grâce. Le fondement du médisant a été dix ou douze jours entiers que je fus à Gex ce mois de septembre passé, et où allant, par une certaine imprudente hardiesse, je passai au travers de Genève, après avoir fait dire à la porte à celui qui marchait immédiatement devant moi, que j’étais Monsieur l’Evêque, et écrire en la bullette : Franç. de Sales, Evêque de ce Diocèse (car il se faut un peu étendre à dire les particularités des saillies de ma vaillance)

Sur tout cela, donc, on a fait cet argument : Qu’a-t-il tant fait à Gex, et qu’il lui a donné cette assurance de passer en cette ville tant ennemie du nom qu’il porte et de sa qualité, et en laquelle ses prédécesseurs ne sont jamais entrés depuis la révolte, sans sauf-conduit, sans se déguiser, sans désavouer sa qualité? Mais en vraie vérité, ils ont peu connaissance de mon âme, s’ils me jugent si plein de considération et d’appréhension que je ne puisse pas faire une petite témérité. Le temps, mon innocence, mais surtout la providence de Dieu accommoderont tout cela : de quoi néanmoins j’ai écrit à son Altesse tout ce qu’il m’en semblait, ayant premièrement su qu’elle s’était laissé porter à quelque défiance de moi ; de manière que j’en demeure en tout bon repos. Voilà mes nouvelles d’Etat.»

Saint François se félicite aussi de sa petite aventure auprès de Antoine Favre, président du Sénat de Savoie  (21 septembre 1609):

« Monsieur mon Frère ( on mesure tout l’attachement qui liait les deux hommes),

Vous aurez su comment je traversai Genève sous la conduite de mon bon Ange, et cela seulement per non parer poltrone et pour vérifier que qui ambulat simpliciter, ambulat confidenter, et avec la profession de ma qualité. Je ne m’en vante pas, non, car il y eut peu de prudence en cette résolution-là ; mais , comme vous savez, ce n’est pas ma vertu que celle-là.

Bonsoir, Monsieur mon très cher Frère, je suis, Monsieur, Votre humble frère et serviteur de madame ma chère soeur. »

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Vue du Lac Léman et de la Haute-Savoie depuis le pays de Gex

Témoignage du fondateur de Taizé au sujet de François de Sales

Le témoignage qui suit provient de l’excellent site belge des SALÉSIENS COOPÉRATEURS DE DON BOSCO: http://www.coopdonbosco.be/sales/index.html On y trouve une très riche matière au sujet de Saint François de Sales et de petits essais au sujet de la spiritualité salésienne.

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« Pour ma part, je porte une grande vénération au saint témoin du Christ que fut saint François de Sales et, en particulier, un aspect de sa personnalité m’a frappé. Je sais qu’il était un impétueux et un violent. Mais, par une lente élaboration, Dieu a transfiguré en lui la violence en douceur, en humanité, en charité sereine pour nous. Dans ma vie personnelle, comme dans la direction spirituelle qui constitue une part essentielle de mon ministère, je me suis souvent référé à cet aspect qui a marqué la vie de saint François de Sales. 

Des profondeurs de la peine des hommes monte aujourd’hui un appel. Dans notre vie quotidienne, et dans notre travail, nous sommes des êtres ordinaires; l’extraordinaire demeure caché. Le monde a besoin d’êtres d’exception par l’attention de leur charité plus que par leurs qualités naturelles. Saint François de Sales demeure alors pour nous le témoin de ce mystère de Dieu en nous: par une patiente élaboration, perceptible ou non, ce qui demeurait obscur, inquiétant même, est traversé par la transfiguration du Christ. Lui seul atteint ces volontés rebelles qui n’accomplissent pas ce qu’elles aiment, mais un mal qui leur est contraire. 

Plutôt que de nous laisser arrêter par les impossibilités et les ombres, en nous-mêmes et en tous, à nous dès lors de considérer chaque homme dans la lumière du Christ. Avec beaucoup d’autres, je rends donc grâces à Dieu pour ce saint témoin du Christ qu’a été saint François de Sales, lui qui nous entraîne à marcher sur les traces mêmes du Christ. »

Roger Schutz, Prieur de Taizé. 

Mercredi des Cendres

Comme d’habitude, l’entrée en Carême des catholiques est complètement ignorée par les médias mainstream qui se félicitent pourtant chaque année du début du Ramadan. Mais il est vrai que tous les Français savent qu’aujourd’hui débute le Carême, la grande Quarantaine que l’Eglise nous donne pour nous préparer à la joie, à la lumière et à la paix de Pâque… Nous pouvons toujours le croire…

A l’époque de Saint François, le Carême était encore vécu de manière très strict, comme il l’est encore aujourd’hui par nos frères orthodoxes. Je crois que l’Eglise devrait revenir vers un Carême très ascétique car spiritualiser à outrance ce temps de pénitence et de conversion ne fait pas progresser sur le chemin de l’intériorité et de la proximité avec le Seigneur.

Saint François dans cet extrait d’un sermon pour le Mercredi des Cendres 1622 fait mémoire de la pratique de l’Eglise antique pour mieux exhorter ses filles de la Visitation à un Carême fait de « bon coeur et d’un coeur entier » en intériorisant la pratique du jeûne par une stricte discipline des sens et des puissances de l’âme :

« le jeûne a été institué par Notre Seigneur pour remède à notre bouche, à notre gourmandise et à notre gloutonnerie; car pour ce que le péché est entré au monde par la bouche, il faut aussi que ce soit la bouche qui fasse pénitence par la privation des viandes prohibées et défendues par l’Eglise, s’abstenant d’ic elles l’espace de quarante jours. Mais, ce n’est pas notre bouche seule qui a péché, ains encore tous nos autres sens, il est requis que notre jeûne soit général et entier, c’est-à-dire que nous fassions jeûner tous les membres de notre corps, car si nous avons offensé Dieu par les yeux, par les oreilles, par la langue, et par nos autres sens, pourquoi ne les ferons-nous pas jeûner? (…) Combien de péchés sont entrés dans l’âme par les yeux, que la Sainte Ecriture marque pour la concupiscence de la vue? C’est pourquoi, il faut les faire jeûner, les portant bas et ne leur permettant pas de regarder d’objets frivoles et illicites ; les oreilles, les privant d’entendre les discours vains qui ne servent qu’à remplir l’esprit d’images mondaines, ; la langue, en ne disant point de paroles oiseuses et qui ressentent le monde ou les choses de celui-ci. On doit aussi retrancher les discours inutiles de l’entendement, ainsi que les vaines représentations de notre mémoire, les appétits et les désirs superflus de notre volonté, en somme lui tenir la bride à ce que notre âme n’aime ni ne tende qu’au souverain Bien; et par ce moyen nous accompagnerons le jeûne extérieur de l’intérieur. »

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François de Sales aurait-il accepté d’être français?

Trouvé sur la page Facebook, La Savoie ce n’est pas la France : https://fr-fr.facebook.com/pages/La-Savoie-ce-nest-pas-la-France/741604472532570

« Saint François de Sales (1567-1622) sur un timbre de la République Française alors que lui-même disait :  » Je suis essentiellement Savoisien, et moi, et tous les miens, et ne saurais jamais être autre chose.  »
L’Etat Français s’approprie notre histoire, nos personnages, notre peuple, nos inventions …
La France nous à mentit sur notre histoire, elle a trahi nos ancêtres …
Je ne peux pardonner à ce « pays ».
Vive mon pays, vive notre pays, vive la Savoie et vive les Etats de Savoie. »

Savoie pas la France

Cela m’a fait sourire. Cela rejoint aussi mes questionnements et mes réflexions concernant l’avenir de la Savoie, sur  l’éventuelle autonomie des deux départements savoyards , sur la création d’une zone franche élargie entre Genève, le Piémont et la France…

Nous vivons une période historique où beaucoup de certitudes politiques seront remises en cause. Le statut de la Savoie en Europe et de sa relation avec Genève en fait clairement partie.

Une chose est sûre, saint François de Sales n’a jamais été Français, mais il fut un des plus illustres représentants de la culture et de la pensée françaises.