L’Académie Florimontane

Le saviez-vous? L’Académie Florimontane, créée par François de Sales et Antoine Favre à Annecy en 1606, est l’ancêtre de l’Académie Française. Richelieu, en effet,  s’en inspira pour créer l’Académie Française.

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Hotel Bagnorea qui habrita l’Académie Florimontane à Annecy de 1606 à 1610

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L’Académie Florimontane regroupa pendant quelques années (de 1606 à 1610) l’élite littéraire et spirituelle de la Savoie, elle fut, pour la langue française, une matrice aussi précieuse que les poètes de la Pléïade :

– saint François bien sûr, premier grand auteur spirituel de langue française, mais aussi :

– Antoine Favre, le plus grand ami de saint François, dont l’oeuvre de Jurisconsulte est encore étudiée aujourd’hui par les élèves juristes. C’est d’ailleurs son départ pour Chambéry comme président du Sénat de Savoie qui mit fin à la brève aventure de l’Académie Florimontane.

– Claude de Vaugelas, fils d’Antoine Favre, un des plus grands grammairiens français, protégé par Richelieu qui lui accorda une pension et siégea aussi à  l’Académie Française, 

– Honoré d’Urfé, auteur du fameux premier roman fleuve de langue française, l’Astrée

Ainsi, ces gentilshommes savoyards, fondèrent l’ancêtre de l’Académie Française à Annecy et furent les premiers grands représentants littéraires de notre langue.

Cette proximité culturelle entre la France et la Savoie explique la grande facilité avec laquelle la Savoie s’est intégrée à la France en 1860. Contrairement à des régions, comme la Bretagne ou le Pays Basque, françaises depuis bien plus longtemps mais aux particularités locales marquées, la Savoie, dernière province à rejoindre la France, indépendante depuis des siècles, s’est toujours sentie comme appartenant à la grande culture française.

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L’unidiversité salésienne : antidote à l’égalitarisme contemporain.

Il est très étonnant de constater que ceux qui ne cessent de vouloir défendre la diversité, l’acceptation de l’autre, l’accueille de l’étranger sont aujourd’hui les mêmes qui absolutisent l’égalité et en font un égalitarisme politique violent et agressif. Les femmes et les hommes, les parents et les enfants, les citoyens et les étrangers, l’ouvrier et le patron, l’élève et le professeur, tout doit être noyé dans une même indifférenciation qui s’oppose par nature même à la diversité pourtant reconnue au départ.

Le problème est à la fois métaphysique et psychologique. Nous constatons tous l’incroyable diversités des choses et des êtres, des temps et des époques, des cultures et des histoires, et cette diversité nous réjouit le coeur. En même temps, elle nous effraye car notre esprit cherche un principe d’unité à cette diversité. C’est dans l’unité de l’acte créateur divin que Saint François comprend cette diversité qu’il nomme alors « Unidiversité »:

Saint François compare d’abord l’oeuvre de la nature à celle d’un peintre qui patiemment par un nombre indéfini de coups de pinceaux façonnent son oeuvre et l’acte créateur divin à l’art de l’imprimeur. Notons ici que St François établit bien la distinction entre le niveau physique dans lequel les causes secondes se déploient du plan métaphysique où Dieu intervient comme cause première en donnant l’être :

« Ainsi, Théotime, la nature, comme le peintre, multiplie et diversifie ses actes à mesure que ses besognes sont différentes, et lui faut un grand temps pour faire des grands effets ; mais Dieu, comme l’imprimeur, a donné l’être à toute la diversité des créatures qui ont été, sont et seront, par un seul trait de sa toute puissance volonté, tirant de son idée, comme de dessus une planche bien taillée, cette admirable différence de personnes et d’autres choses qui s’entresuivent ès saisons, ès âges, ès siècles, chacune en son ordre selon qu’elles devaient être : cette souveraine unité de l’acte divin étant opposée à la confusion et au désordre, et non à la distinction ou variété , qu’elle emploie, au contraire, pour en composer la beauté, réduisant toutes les différences et diversité à la proportion, et la proportion à l’ordre, et l’ordre à l’unité du monde, qui comprend toutes choses créées tant visibles qu’invisibles ; lesquelles toutes ensemble s’appellent univers, peut-être parce que toute leur diversité se réduit en unité, comme qui dirait unidivers, c’est-à-dire unique et divers, unique avec diversité et divers avec unité. En somme, la souveraine unité divine diversifie tout, et sa permanente éternité donne vicissitude à toutes choses (…) » Traité de l’Amour de Dieu, Livre II, Chapitre, II

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Jérôme Bosch, Le Jardin des Délices, 1503.

Le triptyque est ici simplement entrouvert et montre la signification profonde de l’oeuvre : Dieu crée par séparation entre les ténèbres et la lumière, les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas, le temps et l’espace…

On aperçoit alors l’incroyable exubérance du panneau central : l’unidiversité de la création issue de « la souveraine unité de l’acte créateur »