Un jeune prélat de combat : reconquérir Genève (1)

Les prédécesseurs de Saint François de Sales : le dernier évêque de Genève, Pierre de la Baume

Afin de mieux situer St François de Sales dans l’histoire complexe de la région de Genève et de la Savoie à la fin du XVIe siècle et ainsi mieux comprendre le texte de sa harangue pour la prévôté, je vous propose de faire une présentation des prédécesseurs de St François sur le siège épiscopal de Genève en partant du dernier évêque résident.

Le dernier évêque catholique résident à Genève fut Pierre de la Baume. Sacré évêque le 12 octobre 1522, il quitta Genève le 14 juillet 1533. Il finit sa vie comme évêque de Besançon, siège évidemment beaucoup moins prestigieux.

Depuis de nombreuses années, Genève cherchait à s’émanciper des tutelles politiques du duc de Savoie et de son prince évêque. Comme dans de nombreuses villes à cette époque, la bourgeoisie en s’enrichissant cherche à aussi à développer son pouvoir politique sur la ville qu’elle contribue à développer. Les débats religieux autour de Luther et de la Réforme ne sont finalement qu’un prétexte pour faire valoir le droit de cette bourgeoisie ambitieuse.

n°01,_PH_964

Le traité de combourgeoisie entre Genève, Berne et Fribourg, du 8 février 1526 (AEG, P.H. 964)

« Juré par les Conseils des trois villes malgré l’opposition de l’évêque de Genève Pierre de La Baume et du Duc de Savoie, ce traité constitue une étape fondamentale dans l’émancipation de la communauté des citoyens de Genève. Le sceau de Fribourg a été arraché en 1534, la ville restée fidèle à l’ancienne foi n’approuvant pas la politique des Genevois orientée vers la Réforme.

A l’époque, l’enjeu est plus politique que religieux. Mais quelques cercles protestants existent à Genève, et Berne passe à la Réforme à la suite de la dispute de religion de 1528. Cependant, l’évêque, voyant ses droits de juridiction et son pouvoir sur la communauté menacés, tente de récupérer la conduite des opérations. Il se fait accepter comme bourgeois de Genève, et fait un magnifique cadeau aux citoyens : le droit de justice civile, alors que déjà les syndics possédaient des droits importants en matière pénale.

Ainsi, l’évêque court lentement à sa perte.

Les prédications agressives de Guillaume Farel et d’Antoine Froment provoquent des émeutes. En 1534, les Fribourgeois, fidèles à l’ancienne foi, se retirent de la combourgeoisie. Quant à l’évêque, il a quitté la ville »  le 14 juillet 1533 pour se réfugier dans un premier temps à Fribourg. (Site internet des Archives de l’Etat de Genève)

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