Dieu est comme un océan

Théotime, nous verrons et savourerons la haut au Ciel toute la Divinité, mais jamais nul des Bienheureux ni tous ensemble ne la verront ou savourerons totalement (…).

Ainsi, les poissons jouissent de la grandeur incroyable de l’océan, et jamais pourtant aucun poisson, ni même la multitude des poissons, ne vit toutes les plages ni ne trempa ses écailles en toutes les eaux de la mer ; et les oiseaux s’égayent à leur gré dans la vasteté de l’air, mais jamais aucun oiseau, ni même toute la race des oiseaux ensemble, n’a battu des ailes toutes les contrées de l’air et n’est jamais parvenu à la suprême région de celui-ci. Ah, Théotime, nos esprits à leur gré et selon toute l’étendue de leur souhait, nageront en l’océan et voleront en l’air de la Divinité  (…)

Traité de l’Amour de Dieu, Livre III, Ch, XV

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Nos désirs sont capricieux

Nous faisons ordinairement des désirs de femmes grosses, qui veulent des cerises fraiches en l’automne et des raisins frais au printemps. (…)

Non, je ne voudrais pas même que l’on désirât d’avoir meilleur esprit ni meilleur jugement, car ces désirs sont frivoles et tiennent la place de celui que chacun doit avoir de cultiver le sien tel qu’il est(…).

Introduction à la Vie dévote, III, 37, Des Désirs

cerises

Maximes salésiennes

Le billet précédent inaugure une nouvelle étape pour ce blog que je souhaite plus vivant.

Je commence donc la publication de maximes de St François de Sales, fortes et percutantes, graves ou malicieuses, mais toujours courtes. En effet, cela correspond sans doute mieux à l’esprit du temps, à l’esprit Twitter que je ne méprise pas. Cela permet aussi une première approche plus facile du style salésien. L’orthographe sera modernisée par mes soins. J’utiliserai toujours l’édition monumentale de la Visitation d’Annecy.

St François de Sales, ami et voisin de Fribourg

Nous livrons ici cet antique échange entre le conseil de Fribourg et St François de Sales au sujet de deux citoyens de la ville qui recevaient les Ordres sacrés des mains de l’évêque de Genève.

Ce témoignage émouvant montre les liens à la fois religieux et culturels qui relient la Savoie et l’Etat de Fribourg.

LETTRE DES AVOYERS ET DU CONSEIL DE LA VILLE DE FRIBOURG

Révérendissime et Illustrissime Seigneur,

  Le présent nostre bien aymé bourgeois, docte et dévot Balthasar Wâber, duquel jusques à présent n’avons resenty que toute piété et bons comportemens, désirant recepvoir les derniers Ordres de prestrise de Vostre Révérendissime Paternité, mérite d’estre recommandé. C’est pourquoy ne l’avons point voulu laisser partir sans les présentes, par lesquelles prions tres affectueusement Vostre Seigneurie Révérendissime de l’avancer et luy prester toute faveur et aide,si que il soy (se) puisse louer avoir jouy de ceste nostre intercession :

Nous paroffrans en toutes les occasions de nous en revancher, prians le Tout Puissant et sa saincte Mère de conserver Vostre Paternité en bonne prosperité.

6 septembre 1618.

A MESSIEURS LES AVOYERS ET LES MEMBRES DU CONSEIL DE LA VILLE DE FRIBOURG (1)

Messieurs,

Jamais il ne se présentera occasion de vous rendre service, que je ne l’employe avec toute l’affection et sincérité que Vos Excellences pourroyent désirer ; et non seulement par le devoir d’amitié et voysinage, mais par une spéciale inclination que j’ay envers vostre très catholique, très pieuse et très illustre Republique et Seigneurie, je m’estimeray tous-jours fort heureux quand je pourray exécuter vos désirs. Ainsy, ces bons et devotz ecclesiastiques s’en revont promeuz aux saintz Ordres, marri que je suis que une quantité d’occupations qui me sont survenues en ces deux jours ne m’ayent permis de les caresser à mon gré, selon l’affection que je porteray toute ma vie a tous ceux qui me seront recommandés de Vos Excellences, que je prie Dieu vouloir combler de bénédictions, et sa très sainte Mère de les conserver sous sa douce protection, qui suys très cordialement,

Messieurs,

Vostre plus humble et trés affectionné serviteur, amy et voysin,

FRANçs, E. de Geneve.

23 septembre 1618, Annessi.

(1) L’Autographe étant encadré, on ne peut voir l’adresse, si elle existe
mais sur l’encadrement se lisent ces mots : « Lettre écrite de la propre main
de St François de Sales A leurs Excellences de Fribourg. »
En 1618, Charles de Montenach était l’avoyer régnant : il n’assista pas cepen-
dant à la séance du Conseil, du 8 octobre, dans laquelle on lut le message de
l’Evéque de Genève, réponse à celui des magistrats de Fribourg, en date du
6 septembre. L’avoyer Nicolas de Diesbach présida cette
assemblée, formée des conseillers Python, Alex, Paccot, Gerwer, Lary, Erhart,
Zimmerman, Mayer, Gottrau, Kessler et Vonderweidt. (Note de M. Tobie
de Raemy, archiviste de l’Etat de Fribourg.)
( 2) A l’ordination générale faite par le Saint le 22 septembre 1618, Pierre
Salbiner, fribourgeois, du diocèse de Lausanne, reçut la tonsure, les Ordres
mineurs et le sous-diaconat ; Balthazard Weber, de même origine, fut ordonné
diacre. (R. E.) Du premier, nous ne savons rien ; le second devint en 1622 curé
de Dirlaret, puis, de 1623 à 1632, de la paroisse d’Ueberstorf, et on le trouve
en 1634 chanoine de l’église collégiale de Saint-Nicolas de Fribourg. (D’après
une Note de M. de Raelny.)

Source : Oeuvres complètes : Vol. 8 pp.288-289, p.426 (pour la lettre des avoyers)

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Cathédrale St Nicolas de Fribourg et Grand Conseil de l’Etat de Fribourg

Une fiscalité juste pour une Savoie libre

Vous trouverez ci-dessous le lien vers ma contribution concernant une fiscalité juste et d’essence lbérale pour notre future Savoie souveraine.

Voici la conclusion de mon article fait sous le patronage de St François:

Nous espérons que cet article provoquera des discussions dans le petit monde des mouvements savoisiens. Notre cause est juste, mais il faut aussi la rendre possible en préparant activement la future organisation économique et sociale de notre pays. Cela ne se fera pas sans difficulté et beaucoup chercheront à nous décourager. Durant ces préparatifs, visons le principe de simplicité. 

La simplicité est une vertu typiquement savoisienne et salésienne. Ce représentant éminent de la Savoie y consacre un chapitre entier dans ses Entretiens spirituels. Inspirons-nous de ce maître spirituel aussi dans les choses fiscales et politiques!

Vive la Savoie libre et souveraine!
https://ideasavoie.wordpress.com/2016/11/14/pour-une-fiscalite-savoisienne-intelligente-et-juste-par-theotimesavoie/

L’identité savoisienne de François de Sales

Essentiellement Savoisien

« Saint François de Sales illustra parfaitement le sens du mot Savoisien dans une lettre qu’il écrivit le 15 novembre 1615 au marquis de Lans, gouverneur du duché de Savoie. L’archevêque de Lyon,avait rendu visite à François de Sales à Annecy et pour cela l’évêque de Genève avait été soupçonné de collaboration avec les Français. Voilà comment il exprimait sa fidélité à la Savoie :

 « Si votre excellence me le permet, je lui dirai avec esprit de liberté, que je suis né, nourri et instruit, et tantôt envieilli en une solide fidélité envers notre prince souverain, à laquelle ma profession outre cela, et toutes les considérations humaines qui se peuvent faire, me tiennent étroitement lié. Je suis essentiellement SAVOISIEN, et moi, et tous les miens; et je ne saurais jamais être autre chose. »

Le mot SAVOISIEN, sous la plume de l’illustre prélat, n’est pas ici une simple qualification nationale, il l’emploie afin d’affirmer sa fidélité à son prince et à son pays. (…) Être Savoisien aujourd’hui, c’est vouloir tirer un trait sur cent-trente-six ans de francique pour reprendre le cours d’une histoire millénaire. »

Jean de Pingon, Savoie française, Histoire d’un pays annexé, pp; 37-38

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Jean de Pingon, Fondateur de la Ligue Savoisienne

cropped-stfrabcoissales2.jpgJe suis essentiellement SAVOISIEN, et moi, et tous les miens;

et je ne saurais jamais être autre chose.